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Les 5 découvertes du littoral des Carolines

Sur la côte est des États-Unis , à mi-chemin entre Miami et New York, la Caroline du Nord et la Caroline du Sud, états méconnus, ouvrent sur le sud américain.

Des marinas aux réserves naturelles

La côte de Caroline du Nord est percée d’estuaires qui alimentent d’immenses baies lagunaires. L’écosystème humide ainsi crée, entre marais et plages, désoriente au premier abord, l’étranger, perdu entre la terre ferme et de longues îles.

  • Certaines petites cités, comme Southport en Caroline du Nord, gardent un charme à l’anglaise avec leurs vieilles maisons, antiquaires, allées de chênes et balancelles devant la jetée. Dans les marinas, les ateliers et entrepôts côtoient les restaurants de poissons et crevettes frits et les bateaux amarrés près des joncs.
  • Les stations plus actuelles attirent les estivants en Caroline du Sud, de Myrtle Beach, qui divertit la middle class sur près de 100 kilomètres de plages, à l’Hilton Head Island et ses resorts très prisés des golfeurs.
  • L’observation des oiseaux passionne petits et grands. Une île à la limite des deux États, Bird Island, porte même leur nom. S’y ébattent aigrettes, hérons, pélicans, pluviers ou huîtriers.

Le berceau du Sud et de la sécession

La guerre de Sécession (1861-1865) a durablement marqué l’histoire des États-Unis. Au-delà des enjeux liés au maintien de l’esclavage et aux taxes douanières, elle entérine deux visions de l’ Amérique. Le Nord – l’Union-, industriel et progressiste, affronte le Sud – la Confédération-, plus conservateur et tourné vers les grandes propriétés agricoles. 600 000 morts plus tard, le Nord victorieux renforce le pouvoir fédéral, ruine les vaincus et abolit l’esclavage. Mais l’esprit des Confédérés flotte encore sur la quart sud-est des États-Unis, en particulier sur la ville de Charleston.

  • Fort Sumter : c’est de cette fortification côtière que débute la guerre civile, le 12 avril 1861. Les Sudistes délogent la garnison de l’Union et y restent jusqu’à la fin de la guerre. Îlot situé ay large de Charleston, c’est aujourd’hui un monument national prétexte aux reconstitutions et à une belle balade de 30 minutes.
  • Le centre ville de Charleston est un modèle d’architecture coloniale. Enrichi par le commerce du coton, il arbore ses fières demeures blanches à colonnade, ses clochers évangélistes, ses jardins plantés de palmiers et d’arbustes odorants comme le jasmin. Certains riches New-Yorkais font chaque week-end le trajet en avion pour profiter de leurs villas restaurées avec soin. Les touristes se contentent d’arpenter les rues en calèche et de détailler chaque épi de riz ou ananas – symboles d’hospitalité- sur les rampes et les portails.
  • Autour de la ville, trois anciennes plantations méritent la visite : Middleton Place et ses jardins anglais, Boone Hall et son allée de chênes ainsi que Drayton Hall, la plus ancienne maison de plantation d’Amérique ouvert au public. Ces havres de verdure évoquent sans peine l’atmosphère d’Autant en emporte le vent.

Naufragés et pirates

Au XVIe siècle, la côte dut le terrain de jeu des explorateurs espagnols ou français et des colons anglais qui baptisèrent les lieux en l’honneur de leur roi Charles Ier. Les pirates trouvèrent des cachettes idéales dans ces lagunes séparées de l’océan Atlantique par un chapelet d’îles dunaires – appelées banks – coupé de dangereuses passes.

  • La jolie petite ville de Beaufort,en Caroline du Nord, est marquée par les exploits de Barbe noire, au début du XVIIIe siècle. Parmi les centaines d’épaves localisées au large, on a retrouvé le Queen Anne’s Revenge du pirate. Canon, cloche et tessons font la joie du Musée maritime.
  • Le parc marin de Cape Lookout condense tous les attraits naturels de la côte. Depuis Beaufort, une vingtaine de minutes sur la lagune mènent à un imposant phare noir et blanc entouré de plages vierges et de dunes. Ses 50 mètres permettent d’éviter aux navigateurs de venir gonfler un impressionnant cimetière marin.
  • Tout près du phare, les Shackleford Banks aimantent les photographes . Des étalons apportés par des marins espagnols s’y sont réfugiés suite à un naufrage. Après 400 ans, leurs descendants sont protégés et galopent librement sur les plages. Peut-être observent-ils aussi les dauphins dans le sillage des bateaux.

En bateau sur le bayou

Si le terme « bayou » est spécifique à la Louisiane, les zones marécageuses du même type sont bien plus répandues.

  • La réserve de Green Swamp, ou « marécage vert », vers Ocean Isle Beach en Caroline du Nord, en est une parfaite illustration. Sur 70 kilomètres carrés, pluies et rivières inondent une forêt de cyprès. Grenouilles, serpents et aussi oiseaux et castors apparaissent parmi les branches et les troncs immergés.
  • Présents dans les marécages, les alligators et la mousse espagnole sont si répandus qu’ils sont indissociables de la région. Les premiers , peu agressifs, peuplent le moindre point d’eau douce. Il convient néanmoins de se tenir à distance. Quant à la mousse espagnole, c’est une plante épiphyte qui s’accroche aux arbres et forme de poétiques grappes chevelues.

Un saut en Georgie

Il suffit de faire trois kilomètres et de franchir un pont sur la Savannah river : la Caroline du sud devient la Géorgie et voici Savannah. De nombreux films ont été tournés dans cette ville emblématique du sud des États-Unis, notamment, Minuit dans le jardin du bien et du mal de Clint Eastwood.

  • Fondée en 1733, Savannah conserve des centaines de demeures anciennes. Colorées, à colonnades ou à balcons, parfois hantées, elles ceignent de grands squares arborés et bordent les rues en damier. Plusieurs se visitent, telle la néogothique Green-Meldrim House, bâtie par le grand-père de l’écrivain Julien Green.
  • Ancien port cotonnier, Savannah vivait au rythme des navires marchands. Le quai a conservé son animation, alignant restaurants et boutiques, tandis que tournent les roues à aubes des bateaux touristiques.